Améliorer ses relations aux autres… et à soi

2015

Dépression : stop aux amalgames et raccourcis

dépressionUn billet en forme de mise au point cette semaine dans le blog des rapports humains; un peu en décalage avec la ligne éditoriale habituelle, mais me semblant assez important, compte tenu des aberrations que j’entends de-ci de-là, pour sortir un peu du cadre. Tout le monde suit de près ou de loin les informations liées au crash de l’Airbus de la Germanwings le 24 Mars dernier… et c’est peut-être là le problème. En faisant un focus sur le co-pilote et ses troubles mentaux sans fournir de contrepoids à leurs propos, les médias installent doucement mais sûrement une stigmatisation sur la maladie dépressive et plus globalement sur les personnes qui en souffrent. Mon objectif aujourd’hui est, modestement, de rétablir un peu l’équilibre dans cette information unipolaire.

Pour commencer, je voudrais rappeler à ceux qui ne me connaissent pas que j’ai exercé en tant que soignant infirmier dans plusieurs services de psychiatrie pendant une dizaine d’années. De plus, la particularité de ces services étaient, précisément, d’accueillir des patients souffrant de syndrome anxio-dépressif avec souvent des idées suicidaires associées. Je ne surprendrai donc personne en avançant que le sujet me parle un tant soit peu…

Dépression : savoir de quoi on parle

Depuis le jour de cette catastrophe aérienne, rapidement le doute s’est installé sur la santé mentale du copilote. Quelques investigations plus tard, il se trouvait affublé d’un passé tourmenté par des troubles d’ordre psychiatrique avec la dépression en point d’orgue. Dès lors, une ribambelle d’experts et pseudo-experts se sont bousculés au portillon des chaînes de désinformation continue et autres plateaux de journaux télévisés, allant chacun de son analyse et de son interprétation.

Ce n’est pas tant leurs analyses que je remets en cause, mais le phénomène de généralisation et de raccourci qui en découle de manière implicite et sournoise.

Pour rappel, voici ce que propose l’OMS (Organisation Mondiale pour la Santé) comme définition de la dépression :

“La dépression est un trouble mental courant se caractérisant par une tristesse, une perte d’intérêt ou de plaisir, des sentiments de culpabilité ou de dévalorisation de soi, un sommeil ou un appétit perturbé, une certaine fatigue et des problèmes de concentration.

La dépression peut perdurer ou devenir récurrente, entravant ainsi de façon substantielle l’aptitude d’un individu à fonctionner au travail ou à l’école ou à faire face à sa vie quotidienne. À son paroxysme, elle peut conduire au suicide. Lorsqu’elle est légère, on peut traiter les patients sans médicaments, mais une dépression modérée ou sévère peut nécessiter médication et une psychothérapie menée par un professionnel compétent.

La dépression est un trouble qui peut être diagnostiqué de façon fiable et traité par des non-spécialistes dans le cadre des soins de santé primaires. Des soins spécialisés peuvent être nécessaires pour une minorité de cas de dépression complexe qui ne répondent pas aux traitements de première ligne”

La dépression en chiffres

Source OMS et ministère de la santé.

  • 350 millions de personnes dans le monde souffrent de dépression
  • Chiffre multiplié par 10 depuis les années 70
  • C’est la 1ère cause mondiale d’incapacité et sera la 2ème cause d’invalidité en 2020 (après les troubles cardiovasculaires)
  • Les femmes ont 2 fois plus de risque que les hommes d’en être victime
  • En France, entre 5 à 15% de la population souffriraient de dépression
  • Une enquête de 2005 montre qu’environ 3 millions de personnes ont subi un épisode dépressif caractérisé (c’est-à-dire diagnostiqué selon certains critères) l’année précédente
  • 9 millions de personnes ont vécus ou vivront un épisode dépressif au cours de leur vie.
  • 1 cas sur 2 n’est pas soigné
  • L’âge de survenue du 1er épisode dépressif se situe en moyenne entre 30 et 40 ans
  • Le risque de décès par suicide est 10 fois plus élevé chez les patients souffrant de ce trouble que dans la population générale
  • 70% des personnes qui décèdent par suicide souffraient de dépression non soignée ou non diagnostiquée

Si je partage toutes ces données chiffrées, ce n’est pas pour plomber l’ambiance, mais pour vous montrer que cette pathologie est très répandue et nécessite toute l’attention que méritent les personnes qui en souffrent.

Chaque dépression est unique

Personne n’est à l’abri d’un épisode dépressif au cours de sa vie. Il y a bien sûr des terrains plus à risque que d’autres, mais suivant les événements de la vie et les ressources dont nous disposons pour y faire face, “tomber en dépression” n’est pas uniquement l’affaire du “lointain cousin qui a toujours été un peu fragile”.

Ainsi, même si les signes caractéristiques d’une dépression sont en grande partie communs à tous les patients dépressifs (voir les symptômes plus bas), il y a autant de dépressions qu’il y a d’individus . En effet, chaque personne a une histoire qui lui est propre, des blessures qu’elle seule connaît, un développement de sa personnalité unique tout comme le contexte dans lequel elle évolue. En fonction de tous ces éléments, chaque personne “vit” cet épisode de manière unique et particulière.

C’est pourquoi généraliser le cas isolé d’un copilote qui, lui aussi, a SON histoire, SA personnalité, SES blessures, SON contexte et SON évolution, à toutes les personnes touchées par cette maladie n’a aucun sens. C’est comme si une personne avec toute la complexité qui la caractérise était réduite à une singulière pathologie. C’est un peu le même raisonnement absurde avec les jeunes qui commettent des massacres dans leur collège aux Etats-Unis et qui étaient, « Oh My God ! », fans de jeux vidéos. Le lien de cause à effet est inexistant.  Pour être clair, ce n’est pas parce qu’une personne souffre de dépression qu’elle a automatiquement envie de mourir et encore moins d’entraîner d’autres personnes dans la mort.

Oui, les contre-exemples existent et nous en avons eu malheureusement une triste preuve récemment, mais ils font partie de l’exceptionnel. Si nous rapprochons ce constat du chiffre de l’OMS et ses 350 millions de personnes souffrant de cette maladie, il y a de quoi relativiser. Le lien implicite mis en avant dans les médias, entre les circonstances de ce drame et la maladie dépressive est un biais cognitif.

Les personnes dépressives ont déjà assez à faire avec leur souffrance quotidienne, pour ne pas en plus se voir stigmatisées comme de potentiels assassins en puissance.

Les signes de la dépression

Pour terminer ce billet teinté d’agacement, voici les symptômes d’un épisode dépressif majeur, histoire de permettre à tout le monde d’avoir les mêmes infos. 

Les critères ci-dessous sont ceux du manuel DSM-V proposé par l’American Psychiatric Association. C’est le manuel dont s’aident les psychiatres pour établir leur diagnostic.

Critères principaux :

A – Au moins cinq des symptômes suivants doivent avoir été présents pendant une même période d’une durée de deux semaines et avoir représenté un changement par rapport au fonctionnement antérieur;
Au moins un des symptômes est soit (1) une humeur dépressive, soit (2) une perte d’intérêt ou de plaisir.
NB. Ne pas inclure des symptômes qui sont manifestement imputables à une affection générale.

  • Humeur dépressive présente pratiquement toute la journée, presque tous les jours, signalée par le sujet (sentiment de tristesse ou vide) ou observée par les autres (pleurs).
  • Diminution marquée de l’intérêt ou du plaisir pour toutes ou presque toutes les activités pratiquement toute la journée, presque tous les jours.
  • Perte ou gain de poids significatif (5%) en l’absence de régime, ou diminution ou augmentation de l’appétit tous les jours.
  • Insomnie ou hypersomnie presque tous les jours.
  • Agitation ou ralentissement psychomoteur presque tous les jours.
  • Fatigue ou perte d’énergie tous les jours.
  • Sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive ou inappropriée (qui peut être délirante) presque tous les jours (pas seulement se faire grief ou se sentir coupable d’être malade).
  • Diminution de l’aptitude à penser ou à se concentrer ou indécision presque tous les jours (signalée par le sujet ou observée par les autres).
  • Pensées de mort récurrentes (pas seulement une peur de mourir), idées suicidaires récurrentes sans plan précis ou tentative de suicide ou plan précis pour se suicider

Critères associés :

B- Les symptômes induisent une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants.

C- Les symptômes ne sont pas imputables aux effets physiologiques directs d’une substance ou d’une affection médicale générale.

D- L’épisode ne répond pas aux critères du trouble schizoaffectif et ne se superpose pas à une schizophrénie, à un trouble schizophréniforme, à un trouble délirant ou à une autre trouble psychotique.

E- Il n’y a jamais eu d’épisode maniaque ou hypomaniaque.

Note: La réponse normale et attendue en réponse à un événement impliquant une perte significative (ex. : deuil, ruine financière, désastre naturel), incluant un sentiment de tristesse, de la rumination, de l’insomnie, une perte d’appétit et une perte de poids, peut ressembler à un épisode dépressif. La présence de symptômes tels que sentiment de dévalorisation, des idées suicidaires (autre que vouloir rejoindre un être aimé), un ralentissement psychomoteur, et une altération sévère du fonctionnement général suggèrent la présence d’un épisode dépressif majeur en plus de la réponse normale à une perte significative.

D’après ce que je lis, à aucun moment il n’est stipulé une tendance générale à entraîner dans la mort d’autres personnes que la personne elle-même.

Sources :
http://istopsuicide.org/fr/chapter/?id=88.php
http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs369/fr/
http://www.sante.gouv.fr/la-depression.html

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20 Commentaires to “Dépression : stop aux amalgames et raccourcis”

  1. Depuis 2ans je suis soignée pour « état dépressif sévère ». Biensûr comme il fallait s’y attendre mon entourage comme mes collègues n’ont pas compris ou préfèrent pour certains se voiler la face. Je ne lance la pierre à personne. Depuis ma plus tendre enfance tout ceux qui m’entourent ont toujours pensé que j’étais le pilier nécessaire à leur vie. Maintenant que celui ci commence à se fissurer je deviens plus une gène, un poids quelque peu difficile pour les autres. En ce qui me concerne le fait d’avoir su prendre l’initiative de demander de l’aide m’a permis de comprendre que d’avoir trop donné en s’oubliant soi même me rend autant responsable par rapport a ceux qui en ont profité. Dans mon fort intérieur je sais que je leur ai apporté ma petite pierre à leur édifice sans rien attendre en retour. L’erreur est d’avoir trop donné car celà est dans ma nature. J’apprends aujourd’hui, car il n’est jamais trop tard pour ceux qui en ont la volonté, que le « TROP » est l’ennemi du bien. Reste à l’affronter et surtout à l’appliquer à soi même. On ne guérit jamais des blessures qu’on nous infligent ou que l’on s’inflige soi même consciemment ou inconsciemment, nous devons cependant VOULOIR apprendre à vivre avec pour à notre tour nous apporter la propre pierre qui pourra un jour consolider et non pas, de mon point de vue, construire un nouvel édifice avec le risque de recommencer dans la mauvaise direction. Par chance je n’ai pas a ce jour l’esprit suicidaire bien que je ne sois pas autant que je le souhaiterai bien entourée. J’ai 44 ans et je connais malheureusement ce que cet acte peut apporter de souffrance et de malheur car j’ai moi même perdu des proches de cette façon et sachant combien le chemin est long a parcourrir j’espère ne pas avoir a faire ce geste fatal. J’avoue y avoir pensé ne se voilons pas la face. Je tiens également à ajouter que demander de l’aide n’est pas une honte au contraire si je l’avais fait plus jeune j’aurai su bien avant de me prémunir des affres de la vie. Après tout je l’ai bien fait pour les autres. Il bien temps que j’obtienne ma rédemption car je pense que nous sommes tous coupables des choix que nous faisons. Le plus dur est de l’accepter et de s’accepter. Je précise que je suis une simple citoyenne lembda parmi tant d’autre, une simple secrétaire qu’un jour une petite goute d’eau de trop a ébranlée. Personne n’est à l’abris de cette petite goutte d’eau. Seul compte le résultat au bout du tunnel quelque soit sa longueur et surtout la valeur que nous nous devons apres tant d’efforts y apporter. Et je sais que j’ai encore du chemin a accomplir.
    Je souhaite que cette confidence servira un jour a quelqu’un.
    Sonia
    P.S. nous avons tous nos propres faiblesses et nos douleurs. Encore faut’il que la sté actuelle veuillent bien ouvrir les yeux pour comprendre plutot que juger.

  2. Merci à toi Christophe de cette mise au point que j’attendais et qui fait du bien. J’y ajouterai simplement la nuance décisive dans le cas qui nous occupe et qui semble être le caractère psychotique de la dépression du co-pilote. De structure narcissique, il semble en effet avoir basculé dans la psychose au lieu de parvenir à se stabiliser dans la névrose. Et voici les définitions de ces deux formes possibles de la depression majeure qu’il me semble important d’adjoindre à tes propos éclairants.

    Cette classification est fondée sur l’intensite des symptômes et l’envahissement alors de la psyché. Elle distingue :

    – la dépression psychotique, dans laquelle le patient manifeste des symptômes intenses tels que des hallucinations ou des idées délirantes et est donc présumé avoir perdu le contact avec la réalité.
    – la dépression névrotique, dans laquelle les symptômes psychotiques sont absents, mais qui est accompagnée de symptômes névrotiques (tels que l’anxiété et la phobie) et par certains symptômes biologiques.

    La depression névrotique est une phase souvent nécessaire de la vie, pour mieux la retrouver : pour se détacher d’une trajectoire pas tellement choisie, de relations pas vraiment satisfaisantes, avec le deuil que cela suppose et prendre conscience d’une liberté individuelle qui effraye autant qu’elle enchante.

    Amitiés Christophe

  3. Bonjour, Merci pour cet article… De mon côté, je reste assez démunie devant l’état de mon amie.. J’avais le sentiment qu’il s’agissait de dépression et en relisant les symptômes je me dis qu’elle semble en effet atteinte par cette maladie (prise de poids, goût à rien, culpabilité extrême, se dévalorise, pensées suicidaires, crises de larmes…). C’est ma meilleure amie et on partage tout, ou plutôt, partageait tout. Suite à une déception amoureuse elle ne se relève pas. Bien qu’elle soit entourée (elle a un mari…oui la déception amoureuse provient d’un seul et unique amant (pas de bol), des enfants, un job, des amis…), elle cherche à couper les liens peu à peu. Quand je lui dis qu’elle a besoin d’aide, elle dit qu’elle n’en veut pas. La question n’est donc même pas d’avoir honte de demander de l’aide, elle, elle sait qu’elle dégringole et elle n’attend que ça. Sans parler de ses pensées suicidaires récurrentes… Nous qui déjeunions souvent ensemble, désormais c’est dans sa voiture et uniquement là qu’elle accepte que l’on se voit (et qu’on déjeune du coup). Elle pleure souvent et préfère ne plus me voir car elle dit qu’il n’y a que lorsqu’elle est avec moi, elle ne peut retenir ses larmes. Tout son entourage ignore son histoire et elle arrive à faire bonne figure devant les autres… C’est là où je suis interpellée. Est-elle vraiment en dépression dans la mesure où elle n’est un zombie qu’avec moi ? Moi qui ne veux que la soutenir, qu’elle guérisse. Je suis à son écoute, j’essaie de comprendre avec elle, la réconforter, mais rien n’y fait. Comment aider quelqu’un qui ne veut pas de votre aide ? Et qui semble n’attendre que la mort comme seule libération…

    • Bonjour Flo
      Merci pour votre message.

      Je comprends votre désarroi dans cette situation que vous vivez.
      La question que vous vous posez, à savoir comment aider quelqu’un qui ne veut pas de votre aide, revient très souvent dans l’entourage d’une personne en détresse. Et c’est bien légitime.
      L’expérience acquise en tant que soignant, puis en tant que coach, ainsi qu’un certain temps à me faire accompagner moi-même en supervision, m’ont apporté une réponse difficile à accepter pour beaucoup :

      « Ce n’est pas possible ».

      Plutôt que me lancer dans une longue explication dans les commentaires, je vous invite à lire les 2 articles suivants pour en comprendre quelques raisons :

      http://www.leblogdesrapportshumains.fr/pas-de-demande-pas-de-probleme/
      http://www.leblogdesrapportshumains.fr/comment-aider-veritablement-quelquun/

      A bientôt

  4. Bonjour,Surtout ne lachez pas prise… poussez la en avant, faites lui comprendre que des personnes comme ses enfants ont besoin d’elle, et qu’en detruisant sa vie elle detruira la leur, amener la doucement a prendre conscience de son mal être, de lui faire comprendre qu’elle est un etre humain pas une chose qu’on manipule (ce qui est souvent le cas quand il s’agit d’un amour raté) et qu’elle n’est pas la seule dans cette situation et que surtout que vous ne la laissez pas tomber alors que d’autres n’ont pas cette chance. Je vous souhaite du courage car j’ai moi même vécue cette situation avec la mere de mes 2 petites nieces cela a été long mais a porté ses fruits. Je ne dis pas qu’elle est totalement guérie mais elle a pris conscience de beaucoup de chose et a finir par prendre l’initiative de se soigner et de prendre conscience de son problème. D’autre part vous pouvez toujours de votre coté prendre l’initiative de rencontrer un psychologue qui peut vous apporter des conseils sur la façon de réagir face au problème de votre amie sans toutefois la nommée ni lui en parler. Je vous souhaite du courage et mes pensées vont sincèrement auprès de votre amie. Si elle culpabilise face a cet amant en pensant qu’elle a detruit tout ce qu’elle possédait dites lui que chaque couple a un jour ou l’autre des problemes et qu’elle ne fera qu’agraver la situation en agissant avec des pulsions suicidaires. En plus elle donne raison a cet personne en agissant ainsi et ce n’est pas la meilleure solution que de rentrer dans son jeu, au contraire elle doit prouver qu’elle est capable de se construire sans lui. Encore une fois bon courage. Sonia

  5. Merci, difficile à croire qu’il faille encore expliquer tout cela, mais ces rappels semblent indispensables. J’ajouterais que la lutte contre la stigmatisation est encore bien timide. Non, on ne « sombre » pas dans la dépression, la dépression est un trouble de la santé mentale avec laquelle on vit, tous les jours, certains jours mieux que d’autres. Non, la dépression n’est pas un « un coup de blues », elle se traduit par des symptômes spécifiques que l’on apprend à identifier, à gérer et parfois même à accepter. Non, la dépression ne pousse pas tout un chacun à se prendre la tête entre les deux mains, à se recroqueviller le long d’un mur délavé, ou à se frotter les tempes en signe de douleur. Les personnes qui vivent avec des troubles de la santé mentale travaillent, socialisent, font du sport, ont des enfants, elles ont des amis, des familles, des loisirs. Certains épisodes dépressifs peuvent être plus violents que d’autres, et certain jours peuvent être plus difficiles que d’autres. Sourire ne veut pas dire qu’on est « sorti » de la dépression, pleurer ne veut pas dire qu’on y « sombre ». Les troubles sont spécifiques et uniques à chacun. Et une chose encore. Les déprimés ne sont pas des condamnés. Ils et elles vivent avec des troubles qui les rendent souvent plus indulgents, ouverts et tolérants, mais aussi plus déterminés, réfléchis et créatifs.

  6. Dans le cadre professionnel, la déprime devient de plus en plus le risque numéro un entreprise. Très difficile en effet à détecter, de plus en plus de sociétés tentent des mesures pour endiguer le phénomène.

  7. bonsoir
    moi j’ai souffert d’une dépression en plus je soufrais des crises de panique, tout cela après avoir eu ma petite fille, c’était du au stress, la fatigue, un très grand changement dans ma vie,
    j’ai beaucoup souffert, seul les médicaments m’ont aidée a m’en sortir,
    maintenant après 4 ans, je me sens revivre a nouveau,j’ai plus confiance en moi, j’ai repris mon train de vie, je travaille, je sort je voyage, je savoure la vie tout simplement
    j’ai même crée mon blog sur les méthode qui m’ont aidé a aller beaucoup mieux
    merci
    bon courage
    mona
    https://limonasblog.wordpress.com/

  8. Merci Mona, je vais aller voir votre blog.
    Je suis moi-même à la recherche d’aides pour ne pas m’écrouler. A mon tour je souffre beaucoup au travail mais je ne sais pas vers qui me tourner. Je suis très bien entourée, je parle à tout le monde de mon mal être, tous me voient pleurer, mais rien n’y fait.
    Je vois une psychologue mais à part m’écouter, elle ne semble rien m’apporter.
    Difficile de trouver une ressource extérieure quand on vous dit que la réponse viendra de moi-même, avec le temps.
    En attendant je m’enferme dans ma souffrance. Malgré le soutien de ma famille, mes amis, je sais que je perds pied et je ne vois pas comment remonter la pente.
    Ce truc me grignote sans que je ne peux l’arrêter…

    • Flo,
      Ne pas s’ecrouler, s’enfermer dans sa souffrance, perdre pied, ce sont la des metaphores qui essaient de communiquer, a l’autre comme a soi-meme, ce qui n’a pas de nom (‘ce truc’) et qu’on aimerait pouvoir nommer pour qu’il soit, justement, quelque chose d’exterieur (a nous-meme). En meme temps, nous savons que ‘ce truc’, c’est une partie de ce que nous sommes (c’est une partie qui, comme je l’ai dit plus haut, enrichie aussi ce que nous sommes). Il y a d’autres moyens d’exterioriser cette souffrance informe, meme minimaux, une ligne d’ecriture, un petit gribouillage (ici?: https://locatellinathan.wordpress.com/), reparer une chaine de velo (ca parait simple, mais pour certains d’entre-nous, meme ca c’est une montagne de difficultes!). D’une certaine facon, ce sont des moyens qui peuvent aussi nous liberer de la frustration du travail qu’on fait avec notre psychologue (notre psychologue est un/e collegue de travail, pas une source de solutions toutes faites, c’est difficile a admettre, mais c’est seulement en voyant la chose de la sorte qu’on arrete aussi de vouloir du « changement » a tout prix, le changement est un concept exterieur a celui de notre existence, on ne change jamais vraiment, on fait avec, autrement). Ce qui nous fait souvent souffrir, c’est qu’on impose de la resistance a une realite qu’on a du mal a accepter. Accepter que tu souffres, Flo, c’est deja beaucoup, « ne pas s’ecrouler » ou « s’enfermer dans sa souffrance » c’est encore refuser l’evidence de cette realite.
      Bien amicalement a toi,
      Nathan.

      • Merci Nathan,
        J’ai en effet tenté de résister un bon moment face à cette réalité que j’avais du mal à accepter. J’aimerais pouvoir « vivre avec » et garder la face, au travail notamment. Malheureusement ce n’est plus possible. Mon médecin m’a arrêtée pour quelques semaines. Et je vois un coach pour m’aider à reprendre confiance en moi. J’ai laissé tomber la psy pour l’instant qui ne travaillait que sur le « pourquoi » de ma souffrance, alors qu’aujourd’hui j’ai besoin de moyens, d’outils pour agir sur le « comment » je travaille avec ce truc… Je sais que je vais me sortir de cette impasse, car pour moi c’en est une, mais le chemin est encore long..
        Merci à toi et merci aux autres contributeurs.

    • Bonsoir
      j’espere que tu as trouvé quelques conseils, qui ont pu t’aider, dans mon blog, car on peut s’en sortir, l’essentiel c’est de savoir la raison de la depression, et c’est uniquement le medecin qui decide si on soufre d’une depression ou pas, car parfois on est triste suite d’un deuil, ou maladie, on peut s’en sortir tout seul, mais la depression il faut un suivit medical, moi depuis 4 ans je suis suivi par mon medecin j’y vais toujours des que je ne me sens pas bien, car c’est bien de parler, il m’ecoute, il me comprend, il connait ma situation familliale, au debut j’ai vraiment touché le fond, petit a petit j’ai repris confiance en moi, je prend toujours des antidepresseurs, ça m’aide beaucoup, je fait beaucoup de marche, je sort, je me fait plaisir et je prend soin de moi meme, j’evite les gens déprimés, pessimistes, je ne vois que rarement la télé, surtout pas d’infos, je connait mes limites, et je n’essaie plus de les depasser.
      merci
      bon courage
      mona

      • Merci Mona pour tes articles intéressants sur ton blog.
        Je fais comme toi, je fuis les ondes négatives, pour mieux me préserver…mais en ce qui me concerne les ondes négatives sont au travail, et tôt ou tard il me faudra y retourner, pour au moins préparer mon départ !
        Encore merci de ton soutien.

  9. Bonsoir,
    En ce moment, je lis beaucoup sur la dépression. Pour cette raison, j’aimerais vous faire partager mes lectures d’ouvrages qui traitent des sujets que vous avez l’habitudes d’aborder dont cette maladie. Je viens de terminer la lecture d’un livre :  » Vaincre la dépression  » de Myreille Bédard ( aux éditions Médiapaul ). Déjà, ce livre est devenu pour moi un incontournable. Je le recommande ceux et celles qui veulent avoir des outils pour éviter de plonger dans la spirale de la maladie mentale que l’auteur qualifie de  » cancer de l’âme  ». Bonne lecture.

    Christian

  10. Bonjour et merci pour ces renseignements.
    J’ai une amie proche qui être en dépression. Je suis pas le mieux qualifié pour dire si c’est le cas mais on est plusieurs à penser ça. Elle n’a plus le même sourire qu’avant et celui qu’elle a maintenant est rare et à l’air faux…
    J’espère vraiment que ça pourra s’arranger car j’ai très peur pour elle… Heureusement on est une bande de pote et on se soutient du mieux qu’on peut surtout dans un cas comme celui-ci.
    Stéphan

  11. Le début de la guérison commence lorsqu’on prend conscience que l’on a besoin de se faire aider, c’est le premier pas. Mais la route est très longue ensuite, et seul l’amour de son entourage peut « aider » et être salvateur. La depression se soigne, oui, mais pas toujours. Certains cas sont malheureusement propices à rechutes, il faut ensuite savoir vivre avec et reconnaître ses signes pour faire en sorte de vivre avec le mieux possible. Mon message peut paraître très négatif, mais c’est ainsi que je vis depuis ma première dépression lorsque j’avais 30 ans. J’en ai 44 et je ne m’estime pas encore complètement guérie. Le serais-je un jour ? … à suivre…

  12. Bonjour à tous, tout d’abord j’aimerais m’excuser de remettre le sujet un an après et de me mettre dans l’anonymat mais c’est dur de se mettre « à nu ». Je m’intéresse depuis quelques temps à ce que c’est une dépression (il y a quelques années j’ai cru en faire). Hélas, je ne veux pas m’avancer car comment se l’admettre ?
    C’est une sorte de témoignage mais également une demande d’aide… Je suis pourtant jeune et j’imagine que mon cas est moins grave que les vôtres. Je respecte tout le monde et c’est vrai que la peur du jugement des autres est pesant…
    Je ne sais pas quand ni comment c’est arrivé, c’est vraiment progressif et ça tombe comme ça s’en t’en rendre compte: c’est déjà trop tard tu es dedans, tu plonges.
    J’ai eu des troubles d’humeur et je m’en prenais (et m’en prends toujours) à tout mon entourage. De plus la culpabilité me ronge et je me dévalorise à la seconde d’inattention. Pour éviter de m’en prendre à mon entourage, j’ai fini par m’isoler et me remettre en question. Une envie de rien faire, être constamment fatiguée alors que c’est insomnie sur insomnie, un trouble digestif (perte de 4 kilos en 2semaines), etc.
    Je ne suis plus moi-même, c’est une douleur inexplicable. J’ai beau à ne plus penser à mes problèmes, à m’occuper, jouer, sortir, lire, regarder des séries, au moindre moment où je suis inoccupée ils me rattrapent et je change d’expression. Je suis tellement pessimiste que des choix s’imposent mais lorsque tu es en conflit avec toi-même tu ne peux pas les faire et tu restes bloquer, une boule dans ton ventre de tue intérieurement et tu ne sais pas quoi faire, tu veux juste parler.
    Hélas les « solutions » pour se sentir mieux ne fonctionnent pas car se sont les sources de mes problèmes:
    – j’ai des problèmes de santé qui m’empêchent de faire mes passions, du sport, de dessiner, de me rendre utile manuellement, de faire ce que j’aime etc.
    – les « amis » qui lâchent un à un alors que tu t’es démené pour eux, une poignée qui sont prêts à se tuer alors tu les aides sans penser à toi, et ton autre poignée d’amis que tu veux préserver car tu les aimes et tu as peur d’être lâchée de nouveau… donc résultat tu ne peux pas sortir avec des amis ni leur parler. (bien-sur 2 restent fidèles heureusement)
    – des problèmes familiaux comme tout le monde.
    Alors comment faire pour remonter alors que ton « diable » l’emporte et te domine détruisant tout sur son passage sans te laisser prendre soin de toi ?
    Ceci est un témoignage de ce cercle vicieux qui n’est pas fini mais je vais m’arrêter là 🙂

    Je vous remercie en avance.
    L’inconnue Miss Anonymat 😉

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