Voici à nouveau une expérience de vie quotidienne que je mets en lien avec certaines notions que je retrouve en coaching. Il s’agit cette semaine d’aborder les domaines de petits et grands changements, avec les avantages et inconvénients des deux parties.

La petite histoire

Je prends régulièrement un ascenseur datant de l’ère préhistorique, mais qui, malgré tout, fonctionnait au mieux de ce que l’on pouvait lui demander. Il y a environ un mois, la copropriété de l’immeuble abritant cet ascenseur décidait de le mettre aux normes en vigueur pour ce type de matériel. En soit, c’est une bonne chose, l’objectif est louable et de toute façon obligatoire dans le cas présent.

Là où le bât blesse cependant, c’est que les travaux de modernisation effectués se sont fait sur une structure dont les éléments de base datent d’un autre temps et sont donc en parfaite inadéquation avec les solutions proposées et les réalisations effectuées.

Résultat des courses: pannes à répétition, fonctionnement aléatoire, habitants bloqués dans l’ascenseur. Bref, c’est la cata.

Petits changements

Cette anecdote illustre partiellement ce que nous pouvons retrouver dans les cas où nous souhaitons changer quelque chose dans notre propre fonctionnement ou dans celui d’une entreprise … mais sans trop bousculer les habitudes et l’équilibre qui maintient le système en place. Les changements effectués se font alors à l’intérieur même du système qui est à changer.

L’école de Palo Alto et en premier lieu Grégory Bateson l’un des fondateurs de ce courant de pensée, a qualifié ce changement de type 1. Dans cette configuration, l’équilibre du système est obtenu par des modifications mineures des éléments qui composent le système. Ce sont essentiellement des actions d’adaptation, de négociation, de consensus (oserais-je dire mou? Ah ben voilà, je l’ai dit 🙂 ) . Il se peut que certaines de ces actions soient efficaces et parfois cela suffit. Mais si le changement envisagé nécessite de répondre à un besoin de transformation structurelle, profond alors le processus d’adaptation ne suffit plus. Il est temps d’envisager les grands changements.

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Grands changements

Toujours dans la lignée des travaux de Bateson, les grands changements sont qualifiés de type 2. Ici, le changement ne s’effectue plus à l’intérieur du système mais en dehors de celui-ci et les actions menées portent sur les fondements même du système, sur ce qui faisait précisément de lui ce qu’il était. Ce type de changement est celui qui intervient (ou qui est souhaitable) quand généralement toutes les adaptations ou tentatives de changements du type 1 ont échoué.

Les changements de type 2 sont de l’ordre du changement de cadre de référence dans lequel évoluait la personne, l’organisation ou même la société. Ils sont généralement le résultat d’un processus de prise de conscience via un évènement ou une action pouvant à première vue paraître complètement insensé voire irréaliste. Ceux que l’on appelle les visionnaires sont les meilleurs ambassadeurs de changements de type 2; c’est aussi pour cette raison qu’ils paraissent souvent comme des farfelus et sont peu pris au sérieux … jusqu’à ce qu’ils fassent basculer les croyances et les certitudes de tout le monde.

Alors petit ou grand?

Je ne crois pas qu’il faille opposer les petits changements aux grands. Je les vois plutôt comme complémentaires. De nombreux spécialistes considèrent qu’un véritable changement n’est que du type 2; le reste étant de l’adaptation, de la recherche de stabilisation ou de micro ajustements.

En ce qui me concerne, je suis d’accord avec ça … surtout quand je dois me farcir sept étages à pieds 🙂

A la semaine prochaine.