En l’occurrence, d’après l’image d’illustration ils seraient plutôt sur une balance 😉 Peut-être allez-vous me demander la relation de quoi et de quels outils je veux parler ? Ce billet me trottait dans la tête depuis un moment déjà. Il m’a fallu un peu de temps pour mûrir le sujet et vivre quelques expériences pour prendre la plume (enfin… mon clavier) et partager avec vous ce que j’entends par relation et outils; et plus exactement en quoi, pour moi, la qualité d’une relation de coaching transcende n’importe quel outil de résolution de problème ou recherche de solution. Voilà, comme ça c’est déjà plus précis, non ?

Naître, Être, Devenir

Depuis plusieurs mois maintenant, je m’intéresse à la façon dont les formations au coaching sont conçues et quelles en sont leurs orientations et ”philosophie”. De plus, mon activité au sein d’une association professionnelle (ICF pour ne pas la nommer… ah ben si, c’est fait !), m’a conduit à côtoyer un certain nombre de coachs issus de diverses écoles, universités et autres instituts.

A ce jour, je constate que deux grandes tendances se dégagent de ces différentes formations et à fortiori des coachs qui en ont suivi les cursus.

  • Les formations au coaching qui mettent l’accent sur la relation client / coach
  • Les formations au coaching qui mettent l’accent sur les outils du coaching.

Il va de soi que les deux orientations sont légitimes et que mon intention n’est pas de dire que les unes soient “meilleures” que les autres. Je ne fais peu de cas des querelles de clocher; je laisse ça à ceux qui savent mieux le faire que moi. Ce que je partage avec vous aujourd’hui ( et depuis la création de ce blog d’ailleurs), est mon propre point de vue sur l’accompagnement et ma sensibilité, forcément subjective, sur le sujet du coaching.

De plus, le constat que je partage ici est issu des observations de “jeunes coachs” tout frais sortis de ces parcours de formation; L’ayant été moi-même, je prends conscience avec quelques années de recul que je suis passé par le même positionnement vis-à-vis des outils et de la relation dans la pratique du coaching. En effet, je pense que l’issue d’une formation au coaching, quelle qu’elle soit, est loin d’être un aboutissement mais au contraire le commencement d’un développement permanent qu’est celui de la posture du coach.

Enfin, je pense aussi que ce n’est pas la formation qui “fait” le coach mais ce dernier qui “se fait” lui-même au fur et à mesure de son activité, de ses expériences, de ses heures de supervision, de ses rencontres avec des pairs, etc. La formation aux fondamentaux du coaching est nécessaire pour acquérir les bases structurelles, déontologiques et culturelles du métier, et en même temps je suis de plus en plus convaincu que la pratique du coaching ne s’apprend pas; elle se fait.

Ainsi, je dirais qu’un coach ne l’est pas… mais le devient.

Il y en aura pour tout le monde

Voici donc les risques et avantages que j’ai pu identifier avec les deux approches, suivant que le coach soit issu d’une formation à tendance “outils” ou d’une formation à tendance “relation”.

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Les risques du coaching centré sur les outils :

  • Passer à côté de ce qui est important pour le client (en clair être à côté de la plaque)
  • Avoir un objectif pour le client (celui qui collera comme par hasard avec l’un des outils en réserve)
  • Faire rentrer coûte que coûte la problématique du client dans une case “Super! J’ai un outil pour ça.” (c’est un peu comme vouloir faire entrer un cube dans un cylindre)
  • Être en quête perpétuelle d’outils supplémentaires pour devenir un bodybuilder du coaching ( t’as vu la taille de ma… boite à outils ?)
  • Être la proie de la principale menace de la posture de coach : le sentiment de toute-puissance (bienvenue dans le côté obscur de la force, Dark Vador et Cie)
  • Penser que tel outil fonctionne tout le temps, avec tout le monde ( Aldous Huxley n’aurait pas rêvé mieux dans le meilleur des mondes)
  • Les changements opérés peuvent se révéler éphémères (changement de type 1)

Les avantages du coaching centré sur les outils :

  • Le coach se sent rassuré sur sa capacité d’intervention (parfaite illusion digne de David Copperfield)
  • Le client se sent rassuré sur les compétences “apparentes” du coach ( ça, c’est quand le coach EST David Copperfield )
  • Quand l’outil est opportun et approprié à la problématique du client, il donne souvent des résultats positifs ( encore faut-il être suffisamment centré sur le client pour cela )

Les risques du coaching centré sur la relation : 

  • Se sentir perdu dans la problématique de son client et ne pas savoir comment s’y prendre ( un peu comme si vous étiez seul en rase campagne avec une inconnue sur le point d’accoucher)
  • Le client en attente de résultats rapides peut ressentir une certaine frustration ( le duo rapidité et frustration est une vieille rengaine, et pas que dans le coaching 😉 )
  • Aller de Paris à Nice en passant par Casablanca (ou St Petersbourg, c’est comme vous voulez)
  • Si le coach n’a pas suffisamment dépoussiéré les fantômes de son placard, il risque de se perdre dans la relation et ses aléas (transfert, contre-transfert, jeux psychologiques et autres bénéfices cachés)

Les avantages du coaching centré sur la relation :

  • Le client se sent écouté et compris (c’est le minimum syndical)
  • Il est en confiance et en sécurité (deux ingrédients essentiels pour la qualité relationnelle)
  • Le coach étant centré sur le client, il entend les processus de fonctionnement, les croyances limitantes, les valeurs, et observe tout ce qui ne s’entend pas (et c’est précisément là que se trouvent les clés du changement)
  • Les interventions du coach sont minimalistes, et souvent opportunes, pertinentes et simples
  • Ce n’est pas le coach qui fait progresser le client, mais le client qui progresse grâce à la relation que le coach aura instauré avec lui.
  • La posture du coach est la plus ajustée, ni haute, ni basse, juste avec son client en quête de développement de son potentiel, recherche de ressources et/ou désir de dépasser des blocages
  • Se sentir “à l’aise” au cœur de la terre inconnue qu’est le monde du client
  • Les changements accomplis par le client ont de grandes chances d’être maintenus dans le temps (changement de type 2)

Si vous faites un rapide compte des points cités ci-dessus (bénéfices/risques), vous pourrez constater vers quelle tendance se porte ma sensibilité :-).

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Encore une fois, je ne dénigre pas les outils du coaching; j’en suis moi-même friand. Cependant, à ce jour et compte tenu de ces quelques années d’expériences de coach, je m’aperçois que si je continue à me former à certains de ces outils, c’est plus dans un objectif culturel que réellement opérationnel.

Vu de ma fenêtre, les bénéfices de la relation de coaching commencent précisément là où s’arrêtent ceux des outils du coaching.

Rien à voir (quoique…)

Pour finir, et pour bifurquer sur un tout autre sujet, je voulais faire mon mea culpa auprès de vous, chers lecteurs, pour avoir laisser plusieurs semaines le blog sans nouveau billet. Sans rentrer dans les détails ou dans une forme de justification inappropriée, je suis actuellement sur un projet de centre de formation au métier de coach et à la PNL. Ce projet demande pas mal de recherches, de rédactions et de productions. Aussi, j’avoue être un peu saturé d’écriture et de réflexion en ce moment. Comme j’aime à le dire pour sourire un peu, j’ai les dents du fond qui baignent 🙂

Mais promis, dès que le rythme de croisière sera atteint, je me remets à la rédaction plus régulière et continuerai à partager avec vous ce qui m’anime au quotidien.

A bientôt