S’il y a un sujet qui touche une grande majorité de couples, c’est bien la dispute. Engueulade, prise de bec, chamaille ou brasse-camarade chez nos cousins québécois, elle est utile pour certains, redoutée pour d’ autres et simplement inévitable pour tout le monde.

Une dispute est généralement un désaccord sur un sujet dont les 2 acteurs pensent avoir raison chacun de leur côté. Explorons ici et maintenant ce qui se cache derrière un conflit, quels en sont les enjeux, les attentes de chacun et surtout comment faire pour en sortir et passer à la phase de réconciliation (sous la couette ou autre… 🙂 )

Les caractéristiques d’une dispute

  • Le contexte dans lequel se déroule le conflit.

De multiples facteurs environnementaux peuvent favoriser l’émergence d’une dispute.
Nous ne réagissons pas de la même manière si l’on rentre fatigué d’une dure journée ou si l’on est déjà détendu et serein après par exemple une bonne séance de sport ou autre loisir ressourçant.

  • Les deux acteurs sont persuadés qu’ils ont raison et que l’autre à tort.

Un grand classique des conflits entre les personnes.
Seulement voilà, ce qui nous semble “vrai”, “juste”, “réel”, n’est qu’une perception de NOTRE point de vue. L’autre a aussi SA représentation de la situation.
Donc, oui mesdames et messieurs, dans une dispute tout le monde a raison … vu de sa propre fenêtre.
Il y a aussi une possibilité pour que l’un des deux protagonistes adhère au bout d’un moment au point de vue de son vis à vis. Rendez alors au point 3.

Réfléchissons un instant:
Comment expliquer que certains sujets de désaccords passent parfois quasiment inaperçus, alors que d’autres prennent une ampleur considérable et finissent en eau de boudin? (expression de ma grand-mère, OK 🙂 )

N’entendons-nous pas parfois ce genre de phrase?: “C’est parti en live pour des broutilles

Des broutilles peut-être, mais des broutilles qui ont titillé à un certain moment une petite faille en nous. Les mêmes broutilles qui appuient “là où ça fait mal”.
Ces petites blessures que nous avons héritées de notre tendre (ou pas) enfance sont plus ou moins cicatrisées.

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Le conflit, lorsque le sujet fait mal, c’est comme si nous versions du sel sur une plaie pas tout à fait refermée. Ça pique !!

  • Il y a très souvent des programmes exécutifs en arrière plan qui s’intitule Fierté.exe ou Pouvoir.dat ( référence à un texte très original pêché un jour sur la toile)

Comme je le disais plus haut, il arrive parfois que l’un des deux acteurs du conflit se rende compte intérieurement que le point de vue de son interlocuteur est cohérent et adapté au contexte (vous soulignerez que je n’ai pas écrit le mot “raison”. Voir  point 1).
Et pourtant la magie du conflit opère quand même.

Là ce ne sont plus les failles qui sont activées, mais bel et bien des sentiments de l’ordre de la fierté ( qui a dit mal placée ? ) ou de la sensation de risque de perte de pouvoir (de quoi, sur qui, sur quoi?).
Et ne sous-estimons pas ces deux facteurs, car ils peuvent donner une tournure encore plus malsaine voire violente au conflit.

  • Les émotions et plus précisément la colère brouille notre lucidité.

Bien sûr nous avons le droit d’être en colère et c’est même normal. Pour autant gardons à l’esprit que tenter d’argumenter nos propos le plus objectivement possible avec la pression interne que nous procure cette émotion est aussi simple que de vouloir percer avec une aiguille un ballon de baudruche gonflé à bloc et s’attendre à ce qu’il reprenne lentement sa forme initiale.

Voyons maintenant quelques pistes pour sortir d’une crise

C’est à dire attendre que vous et votre partenaire dans la dispute soyez dans un autre contexte, et surtout dans un état émotionnel neutre. Il serait illusoire de vouloir régler un conflit à l’instant même où il a eu lieu.

  • Envisagez l’idée que votre point de vue  n’est QUE la vue d’un point (le votre)
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Il a été construit par VOTRE perception de la situation en fonction de VOS critères et suivant VOS schémas de fonctionnement. A votre avis qu’en est-il de la perception de votre vis-à-vis, de SES critères, de SON schéma de fonctionnement?

  • Une fois votre propre colère absorbée, prenez un peu de recul sur la situation en vous questionnant sur les besoins qui n’ont pas été satisfaits de votre côté ET du côté de votre interlocuteur.

Je préciserais même, du côté de l’interlocuteur ET de votre côté, dans cet ordre; car sans un minimum d’empathie, la tentative de résolution du conflit serait regrettablement une tentative de manipulation pour faire adhérer l’autre à votre point de vue.

Il est en effet essentiel pour sortir d’un conflit de prendre en compte le besoin de l’autre. Sans cela, nous ne ferions que réamorcer la stratégie qui a déclenché le début du conflit. L’idée suivante serait alors de réfléchir comment avancer sur le même sujet tout en respectant les besoins de chacun.

  • Supprimez les programmes Fierté.exe ou Pouvoir.dat

Si votre petite voix vous dit (même très doucement) que sur ce coup là vous vous êtes planté, et bien ouvrez la bouche, faites sortir du son et articulez en prononçant l’un de ces mots mystérieux et venu d’ailleurs:
Pardon” ou “Excuse-moi” ou “Désolé”.
Vous verrez, ça picote un peu au début, ça fait bizarre, mais au final il y a comme un truc qui s’envole. Il me semble que c’est le goût de l’amertume.

Voilà quelques stratégies issues de ma propre vision de l’humain et … d’expériences personnelles au sujet des conflits ;-).
Il y en a des tas d’autres, un peu plus techniques, mais ce que j’ai partagé ici est une bonne base à pratiquer pour aller vers plus d’harmonie quand pointe le chaos.