Une souris veeeerte, qui courait dans l’heeeerbe …”. Je parie que, sans le vouloir, vous avez continué la comptine dans votre tête sans faire le moindre effort pour vous en rappeler. Elle est tellement ancrée dans votre cerveau, qu’il suffit d’un déclencheur minime pour la rendre de nouveau active. Comment est-ce possible? Comment se servir du processus qui nous a permis un tel exploit dans un autre domaine? Allez, au hasard dans le domaine du changement et du développement de soi :-). Cette semaine, essayons de faire la lumière sur trois facteurs essentiels pour aborder un changement dans les meilleures conditions possibles… et en maintenir les effets.

Le Big Bang

Les grands changements font très souvent suite à un grand bouleversement. Ce coup de tonnerre dans le ciel dégagé d’une vie, qu’elle soit humaine, organisationnelle ou sociétale déclenche une forte motivation à changer les choses en profondeur. Bon, je reconnais que ce n’est pas toujours le cas et il arrive parfois que certaines personnes, entreprises ou sociétés creusent encore après avoir touchées le fond. Mais ça, c’est une autre histoire, plutôt de l’ordre de la répétition de certains scénarios catastrophes.

Les bouleversements auxquels je pense peuvent être heureux ou malheureux et ont en commun une forte charge émotionnelle. Il peut s’agir d’un licenciement, d’un divorce, une maladie, un décès, un déménagement, un mariage, la naissance d’un enfant, une révolution, une guerre, une fusion-acquisition, un passage du public au privé, bref tout contexte qui pousse un sujet à sortir (bon gré mal gré) de son cadre de référence habituel et lui procurer une ou des émotions de forte intensité.

Concentrons-nous ici sur la personne car c’est un peu mon domaine après tout 🙂 et sur un type de changement plus choisi que subi. Voyons maintenant les trois facteurs essentiels facilitant un changement et sa pérennité.

1- Séquence émotion

C’est bien beau de réfléchir à une situation que nous souhaitons changer, à un comportement que nous aimerions corriger, à une stratégie que nous voudrions voir plus efficace, mais si la réflexion est nécessaire, elle n’est sûrement pas suffisante.

Les récentes études sur la neuro-plasticité cérébrale ont montré que les nouvelles connexions neuronales se formant dès que nous entamons quelque chose de nouveau, sont d’autant plus facilitées dès lors qu’une émotion y est associée. Nous verrons plus loin l’autre élément favorisant la consolidation de cette nouvelle connexion.

Par ailleurs, n’avez-vous jamais remarqué comment les médias audiovisuels utilisent à outrance foison la stimulation émotionnelle. Informations, publicités, télé-réalités, fictions, même les débats se placent sous le signe de l’affect. Toutes ces sources de stimulation de cordes sensibles jouent le rôle d’un tsunami émotionnel qui ne fait que saturer nos propres récepteurs. Résultat: sans rentrer dans le délire conspirationniste, je pense que les messages diffusés par ces mêmes médias sont d’autant plus ancrés dans l’inconscient collectif que les émotions suscitées sont intenses. Libre à chacun d’évaluer si ces messages sont positifs ou négatifs.

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Pour en revenir à notre facteur émotionnel facilitant le changement, il se pourrait bien que la comptine de la souris verte ait été apprise dans notre petite enfance en jouant avec nos parents ou amis. Et quoi de mieux que le jeu pour ressentir de la joie, une des émotions primaires?

2- Le petit pas*

Un certain Lao Tseu disait qu’un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas. Si nous choisissons d’amorcer un changement dans notre vie, la stratégie du premier plus petit pas possible est assez efficace.

En effet, un changement radical, réclamant la mobilisation d’un grand nombre de ressources en très peu de temps est stressant pour l’appareil psychique. Si certaines personnes parviennent sans trop de problème à gérer ce type contrainte, la plupart du temps la motivation présente au départ de ce changement fond comme neige au soleil.

La stratégie du petit pas permet de rassurer notre for intérieur sur le côté inquiétant de l’inconnu dans lequel le changement va nous conduire. La fameuse peur de l’inconnu, tellement présente et inhibitrice dans tout processus de changement. Cette stratégie évite de se mettre une pression d’enfer pour “réussir à tout prix”.

Le petit pas permet aussi d’obtenir une petite victoire toujours très bonne pour le facteur confiance en soi. Et comme il est facile d’y prendre goût, le premier pas en appel un deuxième et ainsi de suite jusqu’à obtenir le changement souhaité au départ.

Un autre avantage à cette stratégie est l’évaluation rapide de la motivation nécessaire à la poursuite du projet. Si dès le premier pas, vous ressentez de l’inconfort, du stress ou de l’insécurité, alors il sera toujours temps de revoir le sens du changement envisagé. Il se peut que vous ne soyez tout simplement pas prêt à envisager ce changement, même perçu comme minime par votre entourage.

Enfin, le petit pas permet de se projeter à très court terme dans la conduite d’un changement. En effet, un premier pas peut être accompli dès le lendemain d’une prise de décision, voire même à la fin de la mise en place d’un objectif de changement.

Voyons enfin le dernier facteur facilitant la mise en place d’un changement durable et motivant, la répétition.

3- Répète après moi

Revenons à notre comptine du début de ce billet. A votre avis, combien de fois avez-vous répété cette chansonnette? Dix, vingt, cent fois? Peut-être plus depuis que certains d’entre vous sont devenus parents?

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Les connexions neuronales dont je parlais plus haut se renforcent aussi à force d’être empruntées. Je vous donne une image souvent employée par les spécialistes de cette théorie.

Imaginez un sentier pédestre, avec ses bifurcations et embranchements. Tant qu’une voie est empruntée de façon régulière, le sentier reste propre et bien identifiable. Les randonneurs ne font pas d’effort pour poursuivre leur route. Ce trajet bien balisé correspond à votre ancienne habitude, celle que vous souhaitez changer.

Un beau jour vous prenez connaissance, à l’aide d’un accompagnateur, d’une autre voie possible pour vous rendre à destination (qui a dit un coach? 🙂 ), un peu plus chaotique, légèrement inquiétante, remplie d’herbes et d’obstacles divers. Pourtant, vous êtes curieux et avez grande envie de l’emprunter. Au début, c’est un peu pénible, mais petit à petit vous vous apercevez que ce chemin est plus agréable à arpenter, il vous stimule et vous apporte du plaisir et de la joie.

De fait, l’ancien chemin que vous preniez et par lequel vous passez encore quelquefois (on ne me la fait pas 😉 ) commence à perdre de son confort de circulation. Il disparaît peu à peu sous les herbes et la végétation qui repousse. En revanche, la nouvelle voie que vous avez découvert il y a quelques temps devient de plus en plus confortable et facile à emprunter. A force de la pratiquer, vous l’avez balisée.

Belle image n’est-ce pas? La répétition est donc incontournable dans un processus de changement. Et qui dit répétition dit patience. Car oui, la répétition demande du temps et donc de la patience, et j’ai la vague impression que la patience n’est plus vraiment à l’ordre du jour des candidats au changement.

Le monde actuel est sous le joug de l’immédiateté. Il n’y a qu’à voir comment circule l’information (web, réseaux sociaux), comment se prend le déjeuner dit “sur le pouce”, ou encore à quelle vitesse se font et se défont les relations entre les Hommes. Mais bon, tout ceci est un autre sujet.

Pour résumer

Les trois facteurs essentiels pour initier un changement et en maintenir les effets sur le long terme sont :

  1. la connexion aux émotions pour un ancrage profond,
  2. faire le premier plus petit pas possible en direction de cette terre inconnue et
  3. arpenter de façon répétée le chemin qui y conduit.

A la semaine prochaine

*Un petit pas peut changer votre vie : La voie du kaizen” par Robert Maurer. [Broché]