Hier, j’ai eu l’opportunité de répondre à une interview sur France Bleu, dans l’émission “C’est déjà demain” présentée par Eglantine Eméyé et consacrée au changement. Vous pourrez d’ailleurs écouter l’intégralité de cette émission en cliquant sur le lien ci-contre : c’est déjà demain

Si vous préférez la lecture, je vous partage ici la transcription “enrichie” de cette interview. Pourquoi enrichie ? Car j’ai ajouté pas mal de contenu par la suite concernant le changement et j’ai aussi tourné les phrases pour qu’elle ne vous fasse pas saigner les yeux avec de grosses fautes de syntaxes (qui passent quasi inaperçues à l’oral)

Peut-on vivre sans changer ?

Non, je ne crois pas. Si je vous demande si vous êtes la même aujourd’hui qu’il y a 10 ans, ou même 5 ans, ou même l’année dernière que me diriez-vous ?

Nous pouvons même pousser la réflexion et dire que d’un instant à l’autre on change.

Admettons que vous lisiez un passage d’un livre qui vous fait un effet whaou ou que vous regardiez un film ou que vous écoutiez une émission qui a un fort impact sur votre vision du monde, on peut dire alors que vous n’êtes plus vraiment la même avant et après cet événement. Il y a quelque chose qui a bougé en vous.

Cela peut être aussi, une nouvelle rencontre ou un nouveau travail ou une nouvelle activité de loisir; en fait, de mon point de vue, tout ce qu’on expérimente tous les jours peut nous amener à changer. Ce ne seront peut-être que des micro-changements, mais ce sont des changements quand même.

Nous ne nous en rendons pas toujours compte, mais nous sommes en perpétuel changement.

Il y a un philosophe grec du VIe siècle avant Jésus-Christ, Héraclite d’Ephèse qui disait que rien n’est permanent sauf le changement. Je trouve que cette pensée se prête bien à cette idée qu’on ne peut pas vivre sans changer.

Quand et pourquoi doit-on changer ?

En fait je poserais plutôt la problématique différemment. 

Est-ce nous qui allons au devant d’un changement ou est-ce le changement qui s’impose à nous ?

Si nous prenons l’exemple d’un déménagement, en général on le choisit et donc c’est nous qui allons au devant d’un changement (après, ça n’empêche pas le stress lié au déménagement, mais en général il est mieux régulé et le changement est mieux accepté), mais un déménagement peut aussi être imposé (par exemple en cas de mutation ou de relogement); et dans ce cas, le changement peut être vécu avec plus de difficultés et donc moins bien accepté.

Dans le milieu du travail aussi, un changement de travail ne sera pas vécu de la même manière si c’est la personne qui décide de changer d’emploi ou si ce changement fait suite à un licenciement.

Regardez, si on prend le contexte actuel, c’est clair que nous vivons une période où il y a beaucoup de changements qui sont  imposés, à tous les niveaux de la société. Churchill disait qu’il vaut mieux prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne à la gorge. Actuellement, j’ai le sentiment que beaucoup de personnes se sentent un peu prises à la gorge, voire beaucoup. 

Après, sur un plan plutôt individuel, il y a aussi différentes façons d’envisager un changement.

On peut avoir envie de changer parce qu’on le goût du renouveau, que l’on n’aime pas la routine ou que nous sommes attirés par une nouvelle aventure, mais on peut aussi avoir besoin de changer parce que la situation où l’on se trouve devient une source de mal-être ou de souffrance.  Le point commun de ces deux contextes est que le changement vient de l’individu lui-même, mais la différence se situe au niveau de la motivation à changer : celui qui a envie de changer parce qu’il est attiré vers quelque chose de nouveau se trouve plutôt dans une motivation positive et celui qui a besoin de changer parce qu’il dépérit à petits feux dans sa situation est plutôt dans une motivation négative. C’est toute l’histoire de la motivation par la carotte ou le bâton. Mais bon ça reste quand même de la motivation. 

Après comme je le disais, il y a toutes les situations individuelles où le changement est imposé. Un licenciement, un divorce, un décès, un accident de la vie, toutes ces situations imposent le changement dans la vie d’une personne, et suivant l’histoire qu’elle a avec les changements, les choses pourront être plus ou moins compliquées à vivre.

Pourquoi certaines personnes voient le changement comme une nouvelle opportunité, une découverte, quand tant d’autres n’y voient que de l’angoisse ? 

Je pense que ce qui se joue pour la personne c’est l’histoire qu’elle a avec le changement. Je pose quelques questions :

Comment les changements étaient perçus par ses figures d’autorité (en général ses parents) ? parce qu’il y a forcément de la transmission des parents aux enfants sur la représentation du changement. 

Comment se sont développées ses stratégies d’adaptation au changement ? (quand elle changeait d’école ou quand elle déménageait ?)

Est-ce que les messages qu’elle entendait étaient plutôt du genre “Sois curieuse et va explorer le monde qui t’entoure” ou plutôt du genre “Fais attention,  le monde est remplie de danger. Reste tranquille dans ta chambre” ?

Après, à l’âge adulte, quelles expériences a-t-elle vécu et qui l’ont confronté à des changements ? Quelles stratégies a-t-elle déployé pour y faire face.

De toutes ses expériences, la personne aura construit un récit sur cette notion de changement. Et suivant si ce récit ressemble à une comédie ou une tragédie, elle réagira différemment aux futurs changements dans sa vie.

Quelle est la première étape nécessaire au changement ?

A mon sens, le minimum requis est déjà d’avoir conscience qu’il y a quelque chose à changer.

En analyse transactionnelle, il y a une grille de lecture intéressante qui nous aide à voir où en est une personne dans ce processus de changement; suivant le type de méconnaissance qu’elle a de sa situation, les actions à mener seront différentes.

Une méconnaissance est un mécanisme interne qui nous rend aveugle à des informations qui pourraient nous être utiles pour résoudre un problème.

Je vous prends l’exemple d’une personne qui présente tous les signes d’un épuisement professionnel (Perte de concentration, sommeil perturbé, fatigue générale, démotivation, déshumanisation, perte de sens, etc.)

  • Le 1er niveau de méconnaissance se situe au niveau des signes eux-mêmes qui lui montrent que quelque chose ne va pas. Elle ne voit pas ce qui est pourtant sous ses yeux et qui pourrait être un révélateur du problème. Pour elle, “tout va bien”.
  • Le 2eme niveau de méconnaissance consiste à se rendre compte que quelque chose se passe, mais que ça ne constitue pas un problème. En gros, c’est “oui, je dors mal, oui, j’ai perdu du poids, oui je sais que je suis fatiguée, mais je vois pas pourquoi j’aurais un problème. Je vais prendre des vitamines et ça va aller. Je suis une warrior” (je l’ai déjà entendu plus d’une fois ce mot, warrior)
  • Et le 3eme niveau de méconnaissance consiste à prendre conscience des signes qui montrent qu’il y a bien quelque chose qui ne va pas et que ça montre en effet qu’il y a un problème, mais par contre c’est ne pas voir comment on pourrait le résoudre. Là la méconnaissance se situe au niveau des options pour résoudre le problème en question. “J’ai bien conscience que tous les signes de fatigue que j’ai sont liés à mon travail et que c’est un vrai problème pour moi; mais je ne vois pas comment je vais pouvoir faire autrement. Je dois être à la hauteur. Je n’ai pas le choix”

Du coup, en fonction de la personne qui est face à nous et du niveau de sa méconnaissance, il y a déjà trois actions différentes à mener :

  1. Si elle est aveugle aux signes, ce serait de l’amener à observer des éléments inhabituels qu’elle vit dans son quotidien, ou que son entourage lui dit. C’est là, à mon sens que se situe la première étape d’un changement.
  2. Ensuite, si elle voit bien les signes, c’est de lui faire émettre des hypothèses sur les significations de ce qu’elle observe. Qu’est ce que ça pourrait bien vouloir dire de ce que qu’elle vit en ce moment ?
  3. Et si elle identifie effectivement qu’il est temps de changer quelque chose , c’est l’accompagner à trouver des stratégies et des ressources pour changer ce qu’elle vit.

Et si on raisonne dans l’autre sens, ce serait inadapté et même contre-productif de commencer à trouver des stratégies de changement avec une qui ne voit pas encore les signes que quelque chose ne va pas dans sa vie ou qui ne les considère pas comme un problème (alors que visiblement ça en est un).

Peut-on faire changer quelqu’un qui est totalement réticent ?

Ca me semble compliqué. Je reprends une image de Jacques Salomé qui dit que le changement est comme une porte qui s’ouvre que de l’intérieur. Si la personne n’ouvre pas sa porte au changement, vous pourrez tambouriner et crier tout ce que vous voulez, vous resterez derrière la porte.

Comment se convaincre de changer , savoir qu’il est temps de le faire? 

Ca dépend de chacun. Je crois que nous avons tous des seuils de tolérance différents face à l’inconfort ou à la souffrance. Pour s’engager à changer quelque chose dans sa vie, il faut déjà que le bénéfice à changer soit supérieur au bénéfice à ne pas changer. Et la balance penche rarement en faveur du bénéfice à changer pour la simple raison que c’est un bénéfice virtuel (il n’est pas encore là), alors que le bénéfice à ne pas changer, lui est bien réel (c’est celui qu’on vit dans la situation).

Par exemple avec l’activité physique. Tout le monde sait que pratiquer une activité physique est une bonne chose pour se maintenir en santé, mais les bénéfices ne se voient pas tout de suite. C’est même le contraire au début, avec les courbatures, les petites douleurs etc. Par contre, le bénéfice à ne pas faire d’activité est vécu au présent (le confort de son canapé, la super série Netflix qui nous tient accrochés, ou le scrolling infini sur son téléphone sur les réseaux sociaux).

En quoi le fonctionnement de notre cerveau peut être réticent au changement ? 

Parce-que depuis toujours notre cerveau fonctionne à l’économie. Il n’aime pas trop se compliquer la vie. C’est pour ça qu’une très large majorité de nos fonctionnements quotidiens se fait en mode automatique. Notre cerveau aime bien aller à l’essentiel san faire trop d’effort.

Par exemple, quand vous prenez la voiture le matin pour aller travailler, vous pouvez penser à plein de choses différentes sur votre trajet habituel. Pourtant vous conduisez, vous vous arrêtez aux feux, vous cédez le passage, etc. Et si un jour il y a quelque chose qui vous oblige à changer d’itinéraire, vous aurez plus de mal à penser à autre chose. Vous serez obligé de vous concentrer sur la nouveauté. Et ça, ça demande un effort au cerveau.

Mais rien n’est impossible. Le cerveau possède aussi un atout très intéressant pour le changement; c’est la plasticité neuronale. C’est à dire qu’un comportement nouveau va créer des nouvelles connexions dans le cerveau et avec le temps et la répétition, les circuits neuronaux vont se renforcer et pourront arriver à créer une nouvelle habitude.

Je vous fais une image. C’est un peu comme un chemin dans la nature qui est emprunté de nombreuses fois. Nous pouvons nous déplacer facilement sur ce chemin; il est tout tracé. Par contre si on veut emprunter un chemin plein de buissons, de végétations entremêlées, ça va être plus compliqué. Il faudra du temps et de nombreux passages avant que ce chemin soit facilement praticable.

Les habitudes nous font prendre les chemins tout tracés. Perdre une habitude, c’est faire l’effort de créer un nouveau chemin.

Il est difficile de changer même lorsqu’on le veut : savez-vous pourquoi ? 

Vous connaissez l’expression “Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras” ? Et bien on est un peu là-dedans avec le changement. Ce que nous connaissons, ce que nous croyons contrôler, (même si tout montre qu’il y a un problème), est toujours plus rassurant que ce que nous ne connaissons pas et qui par définition est incertain, (même si ça pourrait résoudre notre problème).

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Pourquoi faudrait-il donner un sens/but à sa vie ?

Le coût psychique à s’engager dans un processus de changement est lourd. Ca remet pas mal de choses en question. Alors bien sûr au niveau des comportements, c’est la base; mais ces mêmes comportements sont liés à d’autres choses qui font partie de nous; nos convictions, nos valeurs et parfois même notre identité. Du coup, changer quelque chose en nous, c’est quelque part changer un peu de qui on est; et c’est compliqué d’être OK avec ça.

Une autre piste serait aussi l’exploration des éléments de motivation qui nous amèneraient à changer. Vouloir changer c’est déjà bien, c’est un bon début, mais se poser la question du pourquoi et du pour quoi (en deux mots) on veut changer, permet de mobiliser des éléments de motivations qui peuvent aider à s’engager et à maintenir le changement sur la durée.

Quelles sont les étapes qui font accepter le changement ? La courbe du deuil ?

Pour les changements liés à la perte de quelqu’un ou de quelque chose d’important pour la personne, il y a en effet la courbe du deuil qui est une grille de lecture intéressante. C’est Elizabeth Kubler Ross, une psychiatre qui accompagnait les personnes en fin de vie qui a proposé cette courbe où il y a 5 étapes successives que traversent ces personnes. Ensuite, elle a été adaptée pour illustrer plus largement les étapes que traverse une personne qui vit un changement. 

Alors attention, c’est loin d’être une règle absolue pour tout le monde. C’est plus un modèle théorique. En réalité, tout le monde ne traverse pas forcément ces étapes de la même manière, ni ne les vivent toutes dans leur ensemble.

Les étapes sont les suivantes :

  • Après le choc de la perte, vient le Déni (c’est une façon de se préserver de la douleur émotionnelle qui est ressentie); 
  • Ensuite il y a la Colère (pourquoi moi, pourquoi lui, c’est injuste), mais souvent ce sont d’autres émotions qui se cachent derrière cette colère, comme la Peur par exemple.
  • Ensuite nous avons le  Marchandage qui nous pousse à négocier quelque chose (rationnellement ou pas) pour avoir de nouveau l’impression (illusoire) qu’on peut agir sur la situation.
  • Puis vient la Tristesse qui est l’émotion primaire associée au déclencheur qu’est la perte. Il y a déjà là une confrontation avec le réel, on prend bien conscience que la perte en question est définitive et qu’on ne peut peut plus revenir en arrière.
  • Et enfin, après une plus ou moins longue période, il y a la phase d’Acceptation qui marque le début d’un renouveau.

Changer, c’est aussi abandonner, finir quelque chose. C’est pour ça que c’est difficile ?

Oui, en effet, mais la fin n’est que la première des trois étapes dans les processus de transition. C’est une autre lecture que celle de la courbe du deuil et qui s’applique plus facilement à tous nos changements de vie. D’ailleurs, permettez-moi de faire une petite distinction entre un Changement et une transition.

  • Un changement c’est quelque chose d’observable, de concret, et qui représente une réalité objective. C’est ce qui arrive dans notre vie quand on passe d’une situation A vers une situation B. Les exemples qu’on disait tout à l’heure sont des changements : un déménagement, une séparation, un nouveau travail ou un nouveau poste, le décès d’un proche ou la naissance d’un enfant; tous ces changements sont des événements qui se passent, avec ou sans votre accord, et se situant dans un certain contexte.
  • La transition, elle, c’est un processus psychologique qui représente une réalité subjective (la vôtre). C’est elle qui est sensée vous amener vers une transformation intérieure.

Les 3 étapes des transitions de vie : Etape de Fin, étape de confusion, étape du nouveau départ.

La Fin : il y a tout un travail à faire autour de la Fin de la situation que vit une personne. Et pour répondre à votre question, j’en ai un peu parlé tout à l’heure, la difficulté qu’on rencontre souvent avec la fin d’un contexte, c’est qu’on a vite fait de se définir en fonction de ce contexte. J’avais une cliente qui était dans une fin de relation, c’était après son divorce. Son contexte était celui de la “vie de couple avec enfants“. Pourtant elle évoluait aussi dans d’autres environnements, mais c’est bien dans le contexte “vie de couple avec enfants” que le changement s’est imposé à elle. Au sein de ce contexte, ses différents comportements pouvaient être de s’occuper de ses enfants, de veiller au bon fonctionnement du foyer, de réguler les relations dans sa famille, de sortir avec son conjoint, d’échanger avec lui sur divers sujets, etc. Ce qui était important pour elle dans ce contexte était sa place, son rôle dans le cocon familial, dans lequel elle se sentait en sécurité et épaulé par son conjoint. Avec le temps, elle a développé un ensemble d’opinions plutôt négatives sur elle-même :

Je ne suis pas capable de vivre seule

Sans mon cocon familial, je ne suis plus rien

Je ne servirai plus à rien si tout ça s’arrête

Ce sont des croyances sur elle-même auxquelles elle s’identifie fortement. C’est-à-dire qu’elle a fini par “réduire” QUI elle est à son seul contexte “vie de couple avec enfants“.

C’est à ce niveau-là que se trouve la difficulté d’accepter la Fin. Mettez-vous à sa place; en acceptant cette Fin-là, elle doit aussi renoncer à une partie de son identité. C’est pas évident. Et pourtant, c’est l’une des étapes nécessaires avant d’entrer la phase suivante, celle de la confusion.

Zone de confusion : No man’s land. perte de repère, flou. sentiment d’isolement et d’anxiété, cett phase est rès inconfortable et pourtant nécessaire car c’est dans cette phase que la personne pourra aller chercher des ressources qu’elle ne soupçonnait pas ou trouver de nouveaux repères. 

Nouveau départ : nouveaux projets, capacités à se projeter, à trouver des stratégies pour s’adapter à sa nouvelle situation.

Est-ce que se rendre compte de certaines conduites qui ne sont pas bonnes pour nous peut nous motiver à changer ?

C’est déjà un début. Comme on le disait tout à l’heure, c’est la reconnaissance de certains signes qui nous montrent qu’un changement serait souhaitable si on veut pas que ces signes s’aggravent. Après, comme je disais, il faut que la situation où apparaissent ces signes constitue un problème suffisamment inconfortable pour la personne pour qu’elle commence à chercher des options pour changer.  

Je dirais que se rendre compte est nécessaire, mais pas forcément suffisant.

Faut-il alors faire une liste des bénéfices potentiel d’un changement pour nous aider à mieux l’accepter ? 

C’est une stratégie qui peut être efficace si les bénéfices sont perçus comme supérieurs aux bénéfices à rester dans la situation. Ca peut aussi permettre d’éviter de ruminer sur la situation que l’on vit si le changement est imposé.

Et est-ce que la peur du changement ne vient pas du fait que changer quelque chose, peut entraîner une suite de changements imprévus : on bouleverse l’équilibre en fait… 

L’école de Palo Alto nous éclaire sur cette question avec l’homéostasie, l’un des principes de la systémique. L’homéostasie est cette propriété que possède tout système d’oeuvrer pour préserver son équilibre. Par exemple, le corps humain est un système complexe; si vous transpirez quand il fait chaud, c’est dans le but de maintenir l’équilibre de température de votre corps. Pareil quand vous avez de la fièvre quand un virus pénètre dans votre corps. L’augmentation de votre température est faite pour que votre corps se défende du corps étranger et maintenir son équilibre.

Un changement crée forcément un déséquilibre et le système va se mettre en mouvement pour retrouver son équilibre antérieur. Si le processus de changement se poursuit, le déséquilibre va entraîner un changement du système et des éléments qui font partie de ce système et atteindre un nouvel équilibre. Le processus ne se fera pas sans heurt, ni stress, mais au bout d’un moment, le nouvel équilibre sera atteint. C’est un peu le nouveau départ dont je parlais tout à l’heure.

Exemple du couple; si l’un des deux opère des changements dans son fonctionnement, sa vision du monde ou sa façon de vivre, il est probable que le conjoint soit déstabilisé par ces changements. L’équilibre du couple est mis à mal. En poursuivant le processus, le nouvel équilibre se fera soit par un processus de changement chez le conjoint, soit par une séparation des deux éléments du système “couple”.

Comment s’habituer progressivement au changement ? 

Vous avez déjà donner une partie de la réponse dans votre question. Le côté progressif dans un changement permet de mieux l’accompagner.

Si nous allons au devant d’un changement, ce serait de le considérer comme une expérience à tenter et se donner la possibilité de revenir en arrière (si c’est possible). Je vais vous donner un exemple d’un changement que j’ai expérimenté concernant la consommation de sucre. Je l’ai pris comme une expérience que je voulais tenter juste pendant un mois, et puis je l’ai adopté parce que j’ai vu des bénéfices et qu’en terme de contraintes c’était très gérable.

Par contre, j’ai aussi voulu tenter l’expérience du végétarisme et là, je n’ai pas réussi à poursuivre l’expérience car je n’avais pas mis suffisamment de solutions en face des contraintes qui me semblaient (et que je vivais) comme plus importantes.

Il y a aussi la stratégie des petits pas qui fonctionne bien. C’est une philosophie japonaise qui se nomme Kaizen. L’idée  c’est de réaliser un changement par de toutes petites étapes successives. Si on veut par exemple faire un peu plus d’activité physique, le Kaizen propose qu’en rentrant chez soi, ,ous arrêtions l’ascenceur un étage pau-dessous de notre logement et on finit par les escaliers. Le lendemain, on fait deux étages plus bas, etc. La clé est bien sûr la durée, mais si la personne est décidée, l’effort perçu pour accomplir le changement sera plus léger.

Après, sur des changements qui nous sont imposés, il y a une question fondamentale que je pose à tous mes clients en coaching; C’est que dans la situation qu’il subissent, qui est très injuste, qui vient parfois bouleverser leur vie, je leur demande de trouver dans cette situation ce qui ne dépend pas d’eux et ce qui dépend encore d’eux. 

Pourquoi je pose cette question fondamentale, c’est parce que en se concentrant sur ce qui dépend de nous et en lâchant prise sur ce qui ne dépend pas ou plus de nous (c’est un effort), on éprouve à nouveau ce sentiment qu’on reprend les rennes de notre vie.

Que pensez-vous de cette croyance qu’il faut en moyenne 21 jours pour changer ou adopter une nouvelle habitude avant qu’elle ne devienne une habitude ? 

Comme vous le dites, c’est en effet une croyance. En fait, l’origine de cette croyance vient d’un chirurgien esthétique des années 60 qui a écrit un livre où il mentionne que ses patients mettaient au minimum trois semaines pour accepter leur nouveau visage.

De là emballement de la sphère devperso et conclusion hâtive que tout changement intervient en 21 jours. Exit la nuance avec “minimum”.

Des psychologues ont par la suite voulu passer cette proposition à l’étude.

Leurs conclusions montrent que le résultat dépend du changement (c’est plus facile de prendre l’habitude de boire un verre d’eau tous les matins que pratiquer une activité sportive trois fois par semaine tout au long de l’année) et les résultats en terme de durée pour obtenir un changement vont de 18 jours à 254 jours avec une moyenne de 66 jours.

Après, c’est déjà un bon début de tester un changement pendant trois semaines. Ca permet déjà de passer à l’action. mais il ne faut pas forcément s’attendre à un ancrage définitif au bout de cette période.

Merci à Eglantine Eméyé et toute l’équipe de “c’est déjà demain” pour leur accueil dans leur émission.


Si vous aussi êtes au coeur d’un changement et que vous souhaitez être accompagné pour mieux le vivre, contactez-moi ici; nous pouvons travailler ensemble.


Quand on partage un bien immatériel, on le multiplie. (Idriss Aberkane – Libérez votre cerveau)

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