Continuons le dossier sur le “prendre soin de soi“. Dans le premier article consacré à ce thème qui m’est cher à plus d’un titre, nous avions vu comment les drivers, ces messages contraignants agissant en tâche de fond dans notre psychisme et influençant considérablement nos comportements, peuvent parfois nous empêcher de prendre soin de nous. Aujourd’hui, je vous propose un autre mécanisme conduisant au même résultat négatif, les méconnaissances, ainsi que quelques pistes pour “lever ces méconnaissances” (c’est l’expression adéquate).

Le sujet des méconnaissances a déjà été traité dans ce blog, notamment avec l’article “L’art de faire l’autruche“. Je vais donc être plus concis sur le fonctionnement de ce mécanisme psychique. Par contre, je vais illustrer l’article grâce à un exemple en lien avec le thème qui nous intéresse, “prendre soin de soi”.

Souvenir, souvenir

Petit rappel de circonstance donc concernant les méconnaissances.

Tout comme les drivers, le concept des méconnaissances vient de l’analyse transactionnelle, ce courant psychothérapeutique dont le fondateur est le psychiatre Eric Berne (1910 – 1970).

Une méconnaissance est un processus psychique qui agit à notre insu et nous empêche de voir une information utile pour résoudre un problème. C’est un peu comme si on avançait les yeux bandés en direction d’un poteau planté au beau milieu de notre chemin. Le problème est le poteau, l’information utile est le changement de trajectoire pour éviter de se le prendre dans le nez et la méconnaissance est le bandeau sur nos yeux. 

Il y a 4 façons de subir ce phénomène :

  • Soit on ne voit pas les signes qui montrent qu’il y a un problème (quoi, je ne vois rien ? Ca veut dire quoi “rien voir” ? Un poteau ? C’est quoi un poteau ?)
  • Soit on connaît les signes, mais on ne voit pas en quoi ils constituent un problème (OK, je ne vois rien; mais je m’en fous, j’avance quand même droit devant moi)
  • Soit on connaît les signes, on sait qu’ils sont à l’origine d’un problème, mais on ne voit pas d’autres alternatives pour le résoudre (OK, je ne vois rien et je sais que je risque de me prendre un poteau en pleine figure; mais il n’y que cette direction pour avancer)
  • Soit on connaît les signes, on sait qu’ils sont à l’origine du problème, on voit bien qu’il y a des solutions, mais on ne sait pas comment les mettre en oeuvre (OK, je ne vois rien et je risque de me prendre un poteau en pleine figure. Je sais bien que d’autres directions existent, mais je ne sais pas comment faire pour changer de trajectoire)

Pour ceux qui connaissent bien le sujet, vous remarquerez que je simplifie le concept en faisant un mixe entre les types et les niveaux de méconnaissances. C’est un parti pris afin de rendre plus légère la lecture de cet article.

Après la prise de tête, l’exemple

Rien de mieux qu’un exemple pour vous illustrer comment les méconnaissances peuvent vous empêcher de prendre soin de vous et comment y remédier.

Sophie ne sent pas à la hauteur dans ses nouvelles fonctions de responsable des Ressources Humaines et pas à la hauteur globalement dans sa vie. Elle ne se sent pas légitime, a la sensation de ne pas servir à grand chose et se remet beaucoup en question. Elle a la sensation de se consumer à petits feux et se demande tous les jours comment elle va tenir encore longtemps à ce poste.

Où pourrait donc se situer la méconnaissance de Sophie ?

Déjà, pas au niveau des signes. En effet, elle a “la sensation de se consumer à petits feux et se demande tous les jours comment elle va tenir encore longtemps à ce poste“. Sophie a déjà pris soin d’elle en écoutant ces signes et en commençant à y mettre du sens (lien avec son nouveau poste, avec son sentiment d’illégitimité et d’inutilité, avec le sentiment de ne pas se sentir à la hauteur en général)

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Pas au niveau du problème non plus, car d’après ce qu’elle en dit, elle a conscience que ce problème ne peut durer dans le temps au risque de la voir se consumer complètement (coucou Burnout). Du coup, Sophie a quand même réussi à prendre soin d’elle en regardant son problème en face et à le considérer comme suffisamment important pour s’en occuper sérieusement et éviter l’épuisement.

Peut-être alors est-ce au niveau des solutions que se situe la méconnaissance de Sophie ? Et bien pas tout à fait. En effet, si elle a choisi de me contacter pour trouver une solution à son problème, c’est que quelque part, elle a déjà identifié une autre option que celle de subir son problème. Savoir demander de l’aide quand on en a besoin, c’est aussi prendre soin de soi. Bon, vous me direz qu’elle est plutôt dans un dilemme car elle n’a que deux options (se cramer ou se faire accompagner) et vous auriez raison; mais “plusieurs” commence à partir de deux, non ? C’est pour ça que je vous disais que la méconnaissance ne situe pas tout à fait à ce niveau.

Du coup, compte tenu que Sophie…

  • … connaît les signes de son mal-être et commence à y mettre du sens, 
  • considère que son problème est suffisamment important pour qu’elle s’en occupe,
  • a identifié au moins une autre alternative que celle de le subir

, alors sa principale méconnaissance aujourd’hui se situe dans sa capacité à mettre en oeuvre des stratégies pour sortir de sa problématique. Plusieurs pistes sont alors envisageables dans son contexte, avec pour fil rouge l’image que Sophie a d’elle-même et croit renvoyer aux autres. Ici, prendre soin de soi reviendrait à faire un bilan personnel de ses précédentes expériences réussies et les attribuer à différents aspects de son identité.

Mais ceci est une autre histoire…

Pour finir et revenir au sujet

Pour conclure, voici quelques propositions si vous voulez prendre soin de vous en évitant de tomber dans les méconnaissances :

  • Observez, écoutez, soyez attentif aux “signaux faibles” qui vous montrent que votre équilibre est mis à mal et qui peuvent être à l’origine d’un problème.
  • N’hésitez pas à délimiter les contours de votre problème. Débusquez-le, nommez-le, regardez-le bien en face afin qu’il sorte de l’ombre. Et gardez à l’esprit que le problème est le problème; que vous êtes vous; et donc que VOUS n’êtes PAS le problème.
  • Quelle que soit la place que tient le problème dans votre vie, il existe toujours des options pour ne plus le subir. Si vous ne les voyez pas, adressez-vous à quelqu’un de confiance qui peut vous aider à chercher des alternatives.
  • Enfin, prendre soin de vous, même avec des alternatives que vous avez trouvées, consiste à vous donner le temps de les expérimenter, d’en tirer des apprentissages sur ce qui fonctionne et ne fonctionne pas, sans tirer trop vite des conclusions sur vous-même, les autres ou le monde qui vous entoure.

Et en parlant de conclusions sur vous-même, nous verrons la prochaine fois comment prendre soin de soi en empruntant la piste des croyances.

Si vous aussi pensez être sujet de méconnaissances vous empêchant de prendre soin de vous, contactez-moi ici; nous pouvons travailler ensemble.


Quand on partage un bien immatériel, on le multiplie. (Idriss Aberkane – Libérez votre cerveau)

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