Continuons cette semaine l’aventure dans les lointaines contrées des 5 grands paradoxes du développement personnel (vus de ma fenêtre bien sûr). La dernière fois, nous avions vu le paradoxe consistant à être responsable de sa vie tout en évitant la culpabilité liée aux tuiles qui vous tombent sur le coin de la figure. Le second pointait le fait de ne jamais abandonner face à l’adversité tout en lâchant-prise sur ce qui échappe à votre contrôle.

Et sans plus attendre, voici le…

Paradoxe du développement personnel #3 – Apprendre à “gérer” vos émotions tout en les accueillant et les acceptant

Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, je ne considère pas mes émotions comme des données pouvant être gérées, comme je pourrais éventuellement gérer ma comptabilité ou la logistique de mon prochain voyage.

Je remarque souvent chez mes clients et patients que le terme “gestion des émotions” est souvent synonyme, au mieux de contrôle, au pire de refoulement. Dans les deux cas, je constate aussi que les résultats en terme de bien-être et d’épanouissement personnel sont loin d’être satisfaisants.

Ce même terme de “gestion des émotions” est d’ailleurs aussi ce qui se lit dans pas mal de littérature orientée “recettes magiques”. Et là où le paradoxe s’installe, c’est quand ce même client se promène un peu plus loin dans le rayon psycho et développement personnel de sa librairie et voit d’autres titres où l’accueil et l’acceptation des émotions sont plébiscités.

Mais alors, où est le paradoxe, me direz-vous. A priori, on pourrait dire qu’accueillir et accepter ses émotions est une façon de les gérer.

OK, dans ce cas, essayez de répondre à cette simple question :

Comment pouvez-vous sortir de votre cuisine si vous n’y êtes pas d’abord entré ?

Je m’explique.

Vous aurez beau connaître tous les recoins de votre cuisine, situer très précisément tous les objets qui s’y trouvent, savoir parfaitement comment fonctionnent tous les appareils électroménagers et programmer mentalement toutes les étapes de la recette du bœuf bourguignon de Tata Fifine (ça c’est la gestion), vous ne vous régalerez réellement qu’après avoir accepté d’entrer dans votre cuisine pour préparer votre recette et la savourer (ça c’est l’accueil et l’acceptation).

Pour les émotions, c’est pareil.

Une émotion n’est ni plus ni moins qu’un messager envoyé par votre cerveau pour vous indiquer que vous êtes en train de vivre quelque chose d’inhabituel dans  votre environnement. Cela peut être un danger pour la Peur, une perte pour la Tristesse, une frustration ou un dommage subi pour la Colère ou une satisfaction pour la Joie.

Du coup, plus vous essaierez de “gérer” vos émotions en les tenant à distance, les contrôlant ou les refoulant, plus elles vont faire du bruit pour se faire entendre (et elles savent s’y prendre, je vous le garantis)

Si au contraire, vous ouvrez la porte à vos émotions quand elles se manifestent la première fois, en les accueillant et les acceptant (comme vous tout à l’heure qui entrez dans la cuisine), vous pourrez alors les écouter et entendre ce qu’elle ont à vous dire. Elles repartiront alors comme elles sont venues et vous aurez l’info sur ce qu’il convient de faire pour éviter qu’elles ne reviennent avec le même message… encore et encore.

Paradoxe du développement personnel #4 – Être autonome tout en ayant besoin d’un coach pour le devenir.

Bon, c’est précisément là, maintenant, que je me tire une balle dans le pied. Mais avant de crier au pétage de plomb de votre serviteur, laissez-moi argumenter.

Déjà, voyons où se situe ce paradoxe.

En général, un client s’engage dans un processus de coaching pour atteindre des objectifs en trouvant ses propres solutions, le tout en développant son autonomie. C’est du moins ce que revendique fièrement la majorité des coachs.

Tiens, il me vient une question :

Comment quelqu’un peut-il trouver par lui-même ce qu’il ne trouve pas par lui-même ?

Je rigole pas. Si vous aviez déjà trouvé une solution à votre problème tout(e) seul(e), vous n’auriez besoin de personne pour vous aider à trouver ce que vous avez déjà trouvé. Ça n’aurait aucun sens.

Du moment où vous êtes accompagné pour atteindre un objectif, vous êtes forcément à un moment donné, dans une forme de dépendance vis-à-vis de la personne qui vous accompagne. Vous n’êtes donc pas autonome.

Et… c’est… nor…mal !!!

Le plus important est que le coach ou le thérapeute se doit d’être bien conscient de ce qui se joue dans la relation de coaching ou thérapeutique et notamment en ce qui concerne le cycle de l’autonomie de Katherine Symor.

Le cycle de l’autonomie de Katherine Symor

Cette analyste transactionnelle américaine a identifié quatre phases que traverse une personne avant d’atteindre son autonomie. Cette grille de lecture fonctionne aussi bien pour le développement d’un enfant jusqu’à l’âge adulte que pour un collaborateur fraîchement arrivé dans une entreprise ou encore avec un client en coaching. En voici un schéma

Cycle de l'autonomie de Katherine Symor

Cycle de l’autonomie de Katherine Symor

Dans une relation de coaching, voyons les différentes attitudes que peut adopter le client en fonction de la phase dans laquelle il se trouve et le rôle du coach pour l’accompagner dans les transitions.

Phase de dépendance (début de coaching)

  • Attitudes possibles du client : demande des solutions, cherche la fusion, voit le coach comme un expert (ou un sauveur), peut avoir des attentes “magiques”.
  • Rôles du coach : sécurise la relation, explore les processus et les enjeux du client, se tient à distance de la prise en charge, favorise l’expression du client, éclaire le cadre de l’accompagnement.

Phase de contre-dépendance (second quart du coaching)

  • Attitudes possibles du client : Se sent frustré de ne pas obtenir de solution de la part de son coach, se rebelle, doute de l’intérêt du coaching, évite les tâches inter-séances, peut éventuellement mettre fin au coaching.
  • Rôles du coach : Rassure le client, accueille les émotions et sentiments et s’en sert comme matière de travail, responsabilise le client sans le culpabiliser.

Phase d’indépendance (troisième quart du coaching)

  • Attitudes possibles du client : adopte des stratégies efficaces en lien avec ses prises de conscience, renonce à certaines croyances limitantes, expérimente des changements de comportements dans des contextes précis, retrouve de la confiance en lui, tend parfois aussi à s’isoler car pense n’avoir plus besoin de personne.
  • Rôles du coach : Encourage et valorise les expériences réussies, rassure sur les éventuels échecs, ouvre les progrès réalisés à d’autres domaines de vie du client,

Phase d’interdépendance ou d’autonomie (dernier quart du coaching)

  • Attitudes possibles du client : partage ses propres réflexions sur son développement et les met en lien avec l’objectif global du coaching, s’ouvre facilement aux autres et au monde qui l’entoure grâce à une aisance relationnelle acquise, s’adapte aux différentes situations vécues quotidiennement (subies et choisies), écoute ses besoins et y répond de manière spontanée, se sent à sa place quelle que soit la place qu’il occupe.
  • Rôles du coach : valorise les progrès, donne du sens aux changements du client afin de les ancrer, échange sur les apprentissages que lui-même a pu faire grâce à son client.

Bon, vu la longueur de ce billet, je crois que la fin de l’article n’est toujours pas pour aujourd’hui. En même temps, quand je vois à quoi je m’attaque avec le cinquième paradoxe, je crois qu’il méritera un billet à lui tout seul.

Paradoxe du développement personnel #5 – Trouver le bonheur sans le chercher

Si vous-même êtes englué dans un paradoxe et voulez être accompagné pour en sortir, contactez-moi ici. Nous pouvons travailler ensemble.


Pensez à partager cet article avec vos amis sur les réseaux…